Vous êtes auto-entrepreneur et vous trouvez vos clients sur Uber Eats, Wecasa ou Les Sherpas ? Aujourd’hui, la plateforme vous verse tout l’argent, et c’est vous qui déclarez ensuite votre chiffre d’affaires à l’Urssaf.
À partir du 1er janvier 2027, ça change. Avec le prélèvement à la source, la plateforme retire vos cotisations de chaque virement, puis elle les déclare et les paie à votre place.
Vous ne paierez pas un euro de plus. Mais vos virements seront plus petits, et une partie de votre chiffre d’affaires restera à déclarer vous-même.
Alors, qui est concerné, combien est prélevé, et que vous reste-t-il à faire ? Je vous réponds point par point, avec les pages officielles de l’Urssaf à l’appui. C’est parti !
Si vous préférez m’écouter, j’ai tout résumé en cinq minutes et demie dans cette vidéo :
Dans la suite, je reprends chaque point en détail, avec un exemple chiffré et le calendrier de vos dernières déclarations.
Prélèvement à la source auto-entrepreneur : ce qui change le 1er janvier 2027
Le dispositif vise toutes les plateformes qui encaissent l’argent du client pour vous le reverser ensuite. L’Urssaf parle d’intermédiation financière : le client paie la plateforme, puis la plateforme vous paie.
Si c’est votre cas, vous êtes concerné. Et ça touche beaucoup de métiers :
- la livraison de repas ou de colis ;
- les services à domicile, comme le ménage, la garde d’enfants ou la coiffure ;
- les cours particuliers ;
- les missions d’extra dans la restauration, la logistique ou le transport.
C’est obligatoire des deux côtés. La plateforme doit appliquer le prélèvement, et vous ne pouvez pas demander à garder l’ancien système pour l’argent qui passe par elle.
En revanche, votre statut ne bouge pas. Vous restez auto-entrepreneur, avec les mêmes taux de cotisations et le même mode de calcul qu’aujourd’hui.
Petite précision pour éviter la confusion : ces plateformes n’ont rien à voir avec les plateformes agréées de la facturation électronique. Ce sont deux réformes distinctes, et j’ai détaillé la seconde dans mon guide de la facturation électronique.
Sept plateformes prennent de l’avance dès octobre 2026
Certaines plateformes n’attendent pas janvier. D’après l’annonce de l’Urssaf, mise à jour le 17 septembre 2026, sept d’entre elles mettent le dispositif en place de façon volontaire à partir du 1er octobre 2026 :
- Extracadabra, pour les missions d’extra en restauration, hôtellerie, événementiel, vente et logistique ;
- Les Sherpas et Sherpadom, pour les cours particuliers ;
- Mon Spécialiste Auto, pour les métiers de l’automobile ;
- Student pop, pour les missions confiées à des étudiants ;
- Truckrs, pour les conducteurs du transport routier ;
- Uber Eats, pour la livraison de repas ;
- Wecasa et Wecasa Care, pour les services à domicile.

Si vous travaillez avec l’une d’elles, pas de surprise : l’Urssaf vous prévient, avec la plateforme, de la date exacte de démarrage. Les livreurs Uber Eats et les professionnels de Wecasa font donc partie des tout premiers concernés.


Pour toutes les autres plateformes, ce sera le 1er janvier 2027. D’ici là, rien ne change chez elles : vous continuez à déclarer vous-même ce que vous y gagnez.
Comment fonctionne le prélèvement à la source par les plateformes ?
Dans votre travail, rien ne change : vous poursuivez votre activité comme d’habitude. Tout se joue au moment où la plateforme vous paie.
- À chaque versement, la plateforme calcule vos cotisations avec le taux transmis par l’Urssaf, et elle les retient.
- Elle vous verse le reste, au même rythme qu’avant. Si elle vous paie chaque semaine, elle continue de vous payer chaque semaine.
- Au début de chaque mois, elle déclare à l’Urssaf le chiffre d’affaires que vous avez réalisé chez elle le mois précédent, avec les cotisations retenues.
- Elle reverse ces cotisations à l’Urssaf.

La plateforme déclare tous les mois, même si vous avez choisi de déclarer par trimestre. Et ce service ne vous coûte rien : l’Urssaf précise qu’il n’entraîne aucun frais supplémentaire.
Pour suivre ce qui est déclaré en votre nom, vous avez trois repères :
- un e-mail de l’Urssaf à chaque déclaration transmise par une plateforme ;
- le détail mois par mois, chiffre d’affaires et cotisations prélevées, dans votre espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr ;
- votre attestation de chiffre d’affaires, qui additionne les montants des plateformes et ceux que vous déclarez vous-même. Comptez un jour pour qu’une nouvelle déclaration y apparaisse.

Un versement à cheval sur deux mois
La plateforme prélève à chaque versement, et non à chaque course ou prestation. C’est logique : un auto-entrepreneur cotise sur ce qu’il encaisse, pas sur ce qu’il facture.
L’Urssaf donne un exemple parlant. Vous faites plusieurs prestations entre le 28 septembre et le 4 octobre, et la plateforme vous paie le 5 octobre. Tout ce chiffre d’affaires compte pour octobre, et c’est le taux d’octobre qui s’applique.
Ce qui est prélevé exactement
La plateforme calcule vos cotisations sur votre chiffre d’affaires encaissé, commission de la plateforme comprise. Autrement dit, ses frais ne sont pas déduits avant le calcul.
Ce n’est pas une nouveauté. C’est la même règle que lorsque vous déclarez vous-même, sauf que c’est désormais la plateforme qui l’applique.
Quel taux en 2026 ?
Le prélèvement à la source ne change ni les taux, ni le calcul. La plateforme applique celui de votre activité, que vous payez déjà. Voici les taux 2026, d’après la fiche de Service Public sur les cotisations du micro-entrepreneur :
| Activité | Cotisations | Avec versement libératoire | Sur 1 000 € encaissés |
|---|---|---|---|
| Vente de marchandises | 12,3 % | 13,3 % | 123 € |
| Prestations de services commerciales ou artisanales | 21,2 % | 22,9 % | 212 € |
| Activité libérale non réglementée | 25,6 % | 27,8 % | 256 € |
| Activité libérale relevant de la Cipav | 23,2 % | 25,4 % | 232 € |
Le cas le plus courant sur ces plateformes, ce sont les prestations de services commerciales ou artisanales. Sur 1 000 € encaissés, la plateforme retient 212 € de cotisations.
S’y ajoutent 1 à 3 € de formation professionnelle : 0,1 % pour un commerçant, 0,3 % pour un artisan.
Le taux transmis à la plateforme comprend en effet tout ce que vous payez d’habitude à l’Urssaf :
- la contribution à la formation professionnelle ;
- l’éventuelle taxe pour frais de chambre ;
- le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, si vous l’avez choisi ;
- l’ACRE, si vous en bénéficiez : le taux tient compte de votre exonération.
L’Urssaf met ce taux à jour chaque mois, selon votre situation, pour les prélèvements du mois suivant. Les montants sont arrondis au centime : 23,505 € de cotisations deviennent 23,51 €.

Ce qui arrive sur votre compte
Pour mesurer l’effet sur votre trésorerie, imaginez une prestation à 100 € payée par le client, sur une plateforme qui garde 20 % de commission. Ce taux de commission est un chiffre d’exemple : chaque plateforme a le sien.
| Avant 2027 | À partir de 2027 | |
|---|---|---|
| Prix payé par le client | 100 € | 100 € |
| Commission de la plateforme | 20 € | 20 € |
| Cotisations retenues par la plateforme (21,2 % de 100 €) | 0 € | 21,20 € |
| Virement que vous recevez | 80 € | 58,80 € |
| Cotisations à payer vous-même ensuite | 21,20 € | 0 € |
| Ce qui vous reste | 58,80 € | 58,80 € |
Au bout du compte, vous gardez exactement la même somme (hors formation professionnelle). Ce qui change, c’est le moment où l’argent des cotisations quitte votre poche : tout de suite, au lieu de la fin du mois ou du trimestre.
Les paiements en espèces restent à part
Seule exception : les paiements en espèces. Ils ne transitent pas par la plateforme, qui ne peut donc rien prélever dessus. Ce chiffre d’affaires-là reste à déclarer par vous.

Ce que vous devez encore déclarer vous-même
Tout ce qu’une plateforme n’a pas prélevé reste à votre charge, au même rythme qu’aujourd’hui, chaque mois ou chaque trimestre. Cela concerne :
- vos clients en direct, en dehors de toute plateforme ;
- les paiements en espèces, même quand le client vient d’une plateforme ;
- jusqu’à la fin de l’année, les plateformes qui ne prélèvent pas encore ;
- le mois de votre inscription sur une nouvelle plateforme.
Attention au mois d’inscription sur une nouvelle plateforme
Ce dernier point est le plus piégeux. Le prélèvement ne démarre que le mois qui suit votre inscription. Le chiffre d’affaires de ce premier mois, c’est donc à vous de le déclarer.
Reprenons l’exemple de l’Urssaf. Vous êtes auto-entrepreneur depuis le 1er janvier et vous vous inscrivez sur une plateforme le 10 avril. Elle vous prélève à partir de mai, et votre chiffre d’affaires d’avril reste à déclarer :
- en mai, si vous déclarez chaque mois ;
- en juillet, si vous déclarez chaque trimestre. Si toute votre activité passe par cette plateforme, vous n’y mettez alors que le chiffre d’affaires d’avril, puisque mai et juin ont déjà été prélevés.

En cas de doute, votre espace personnel sur la plateforme vous indique si le prélèvement s’applique déjà, et avec quel taux.
Ne déclarez pas deux fois le même chiffre d’affaires
À l’inverse, ne redéclarez jamais le chiffre d’affaires que la plateforme a déjà déclaré pour vous. Sinon, vous paierez deux fois les mêmes cotisations.
Dans votre déclaration Urssaf, vous ne reportez donc que ce qui n’a pas été prélevé. Pour retrouver les montants retenus, chaque plateforme vous remet un justificatif : une facture ou un relevé mensuel.
Impôts et TVA : rien ne change
Le prélèvement à la source ne concerne que vos cotisations sociales. Côté fiscal, vos obligations restent les mêmes :
- vous déclarez toujours vos revenus chaque année aux impôts ;
- si vous êtes redevable de la TVA, vous continuez à faire vos déclarations de TVA.
Seule nuance : si vous avez opté pour le versement libératoire, l’impôt correspondant est inclus dans le taux retenu par la plateforme, comme il l’est aujourd’hui dans vos déclarations Urssaf.
Tenir son livre des recettes quand on cumule plateformes et clients directs
Vous avez à la fois des revenus de plateformes et des clients en direct ? Le plus simple est de tenir votre livre des recettes en séparant les deux. Vous voyez ainsi d’un coup d’œil ce qui reste à déclarer.
Une précision qui évite bien des erreurs : notez le chiffre d’affaires réel, pas le virement reçu.
Puisque la plateforme retient sa commission et vos cotisations, le montant qui arrive sur votre compte n’est plus votre chiffre d’affaires. Le bon chiffre figure sur son relevé mensuel.
Un logiciel comme Abby le fait gratuitement. Sa formule Basique, à 0 €, comprend :
- la facturation électronique, avec des devis et des factures illimités ;
- le livre des recettes et des achats ;
- une estimation de vos cotisations Urssaf ;
- des alertes sur les seuils de TVA.

Les formules payantes ajoutent la déclaration Urssaf dès Start, pratique pour la part hors plateformes que vous déclarez encore. Pro apporte les relances et la connexion bancaire, et Business la déclaration d’impôts. Voici les prix pour une micro-entreprise, en annuel, relevés le 14 octobre 2026 :
- Basique : gratuit ;
- Start : 9 € HT par mois ;
- Pro : 15 € HT par mois ;
- Business : 33 € HT par mois.

En ce moment, une promotion d’automne retire 10 % sur ces prix : Start passe ainsi à 8,10 € HT par mois. Les formules payantes se testent 14 jours.
Et avec le code DIGITIZ, vous avez 25 % de réduction sur les 3 premiers mois ou sur l’abonnement annuel.
Je détaille ce que vaut l’offre gratuite dans mon avis sur Abby. Pour comparer, j’ai aussi classé les meilleurs logiciels de comptabilité pour auto-entrepreneurs.
Mon avis sur le prélèvement à la source par les plateformes
Pour la plupart des auto-entrepreneurs de plateformes, je trouve que c’est une bonne nouvelle. Vous avez moins de démarches et plus aucun risque d’oublier une déclaration. Vos droits sociaux sont aussi mieux garantis, comme les indemnités journalières en cas d’arrêt maladie ou votre retraite.
Le dispositif sert enfin à lutter contre la sous-déclaration des revenus faits via les plateformes. L’Urssaf y voit une concurrence plus équitable : ceux qui déclarent tout ne seront plus désavantagés face à ceux qui oublient.
Le vrai changement, c’est votre trésorerie. Si vous aviez l’habitude de garder l’argent des cotisations jusqu’à la fin du trimestre, il part maintenant tout de suite. Votre virement de la semaine sera plus petit : prévoyez-le dès janvier.
Pour vous organiser, j’ai réuni quelques conseils pour séparer vos finances perso et pro.
Au premier virement prélevé, prenez aussi deux minutes pour faire ces vérifications :
- regardez le taux appliqué dans votre espace sur la plateforme ;
- comparez-le à votre taux habituel, surtout si vous avez l’ACRE ou le versement libératoire ;
- en cas d’écart, contactez l’Urssaf depuis votre espace en ligne.
Vous vous demandez si la micro-entreprise reste le bon choix ? Je compare ce qui vous reste en micro, en EURL et en SASU dans mon guide pour choisir son statut juridique.
Et pour la part que vous déclarez encore vous-même, un livre des recettes bien tenu vous fera gagner du temps chaque mois. Abby le fait gratuitement, et le code DIGITIZ vous donne 25 % de réduction le jour où vous passez au payant.