Simulateur de statut juridique

Comparez votre revenu net, vos cotisations et votre retraite en micro-entreprise, en entreprise individuelle, en EURL ou en SASU, avec les barèmes 2026.

Pourquoi le statut juridique change autant votre revenu

Avec le même chiffre d’affaires et les mêmes charges, deux créateurs peuvent finir l’année avec plusieurs milliers d’euros d’écart sur leur revenu net. La différence ne vient pas de leur talent : elle vient du statut qu’ils ont choisi au départ.

Chaque statut applique ses propres règles à trois postes qui pèsent lourd :

  • les cotisations sociales, calculées sur le chiffre d’affaires en micro-entreprise, sur le bénéfice en entreprise individuelle, sur la rémunération en société ;
  • l’impôt, sur le revenu pour les entreprises individuelles, sur les sociétés pour les EURL, SASU, SARL et SAS qui y sont soumises ;
  • la protection sociale qui en découle : retraite, indemnités en cas d’arrêt maladie, prévoyance.

Le simulateur ci-dessus fait passer vos chiffres dans chaque statut accessible et compare ce qu’il vous reste vraiment, une fois tout payé. Il s’appuie sur les règles de calcul officielles publiées par l’Urssaf pour 2026.

Comment le simulateur compare les statuts

Vous indiquez votre chiffre d’affaires prévu, vos charges et votre type d’activité. Le simulateur calcule ensuite, avec les mêmes hypothèses :

  • la micro-entreprise, si votre chiffre d’affaires reste sous les plafonds de 2026 (203 100 € pour la vente, 83 600 € pour les services) ;
  • l’entreprise individuelle au réel, où le bénéfice est soumis aux cotisations et à l’impôt sur le revenu ;
  • l’EURL à l’impôt sur les sociétés et la SASU, avec pour chacune la meilleure répartition entre salaire et dividendes.

Si vous créez à plusieurs, il compare la SARL et la SAS avec la rémunération que vous comptez vous verser, les dividendes étant partagés selon les parts.

Pour une comparaison honnête, chaque statut supporte ses frais de fonctionnement : expert-comptable, banque, logiciels. Une micro-entreprise ne coûte presque rien à gérer, une société bien davantage, et cet écart doit apparaître dans le résultat.

Un exemple de comparaison

Prenons un créateur seul, célibataire, qui prévoit 60 000 € de chiffre d’affaires en prestations de services, avec 8 000 € de charges. Avec les frais de fonctionnement par défaut (1 200 € par an pour une entreprise individuelle, 2 000 € pour une société), le simulateur donne :

  • micro-entreprise : 37 092 € par an après impôt et frais ;
  • EURL : 31 661 € avec la meilleure répartition ;
  • entreprise individuelle au réel : 30 893 € ;
  • SASU : 28 572 € tout en dividendes, mais sans trimestre de retraite, ou 28 478 € avec un petit salaire qui valide les 4 trimestres.

Avec des charges faibles, la micro-entreprise l’emporte nettement. Doublez les charges, et le classement change : c’est tout l’intérêt de tester vos propres chiffres.

Micro-entreprise : la simplicité, jusqu’à un certain point

La micro-entreprise est souvent le bon choix pour démarrer. Elle se crée gratuitement en ligne, les cotisations sont un simple pourcentage du chiffre d’affaires encaissé, et rien n’est dû quand vous ne facturez rien.

Sa limite tient en une phrase : vos frais ne sont pas déductibles. L’impôt se calcule après un abattement forfaitaire de 71 % pour la vente, 50 % pour les services commerciaux et artisanaux, 34 % pour les activités libérales.

Si vos frais réels dépassent cet abattement, vous payez des cotisations et de l’impôt sur de l’argent que vous avez déjà dépensé.

Le simulateur vous signale ce cas. C’est souvent le signal qu’un régime réel, en entreprise individuelle ou en société, devient plus intéressant.

EURL ou SASU : le duel des créateurs seuls

Quand on crée seul une société, le choix se joue presque toujours entre l’EURL et la SASU. Les deux protègent votre patrimoine personnel, mais leur régime social est opposé.

Le gérant d’EURL est travailleur indépendant. Ses cotisations représentent autour de 45 % de sa rémunération nette. En contrepartie, sa protection est plus légère, et ses dividendes au-delà de 10 % du capital supportent aussi des cotisations.

Le président de SASU est assimilé salarié. Ses cotisations atteignent environ 80 % du salaire net, mais il bénéficie du régime général pour la retraite et la maladie. Surtout, ses dividendes ne paient que le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, sans cotisations sociales.

D’où une stratégie fréquente en SASU : un petit salaire pour valider ses trimestres de retraite, le reste en dividendes. Le simulateur affiche ce scénario à côté de la répartition qui maximise le revenu.

Le cas particulier du chômage

Si vous percevez l’allocation de retour à l’emploi, cochez la case correspondante. La recommandation en tient compte : en SASU, sans vous verser de salaire, vous conservez vos allocations pendant le lancement, car les dividendes ne sont pas pris en compte dans le calcul. C’est l’un des montages les plus courants chez les créateurs indemnisés.

Attention, aucun dirigeant de société n’a droit au chômage au titre de son mandat, qu’il soit assimilé salarié ou indépendant. Seul un contrat de travail distinct, pour des fonctions réelles, ouvre ce droit.

Une recommandation selon votre priorité

Le revenu n’est pas le seul critère. Le simulateur vous demande ce qui compte le plus pour vous et adapte sa recommandation :

  • gagner le plus : le statut qui laisse le revenu net le plus élevé ;
  • être bien protégé : la SASU avec un salaire qui valide vos 4 trimestres de retraite ;
  • la simplicité : la micro-entreprise, tant qu’elle reste accessible ;
  • lever des fonds : la SAS ou la SASU, dont les statuts se prêtent à l’entrée d’investisseurs.

Quand la micro-entreprise laisse presque autant qu’une société, à 5 % près, je la recommande d’office : quelques centaines d’euros ne justifient pas une comptabilité au réel et une assemblée générale chaque année.

Avant de vous décider

Un statut n’est pas un choix définitif. Beaucoup de créateurs démarrent en micro-entreprise pour tester leur activité, puis passent en société quand le chiffre d’affaires ou les frais augmentent.

J’ai détaillé les étapes et les pièges de cette décision dans mon article sur le statut juridique d’une startup, et le budget à prévoir dans mon guide sur le coût de création d’une entreprise.

Gardez aussi en tête que 2 000 € de plus par an sans aucun trimestre de retraite peuvent coûter bien plus cher sur une carrière. Une fois votre statut choisi, faites valider vos chiffres par un expert-comptable : il connaît les options fiscales et les dispositifs locaux que le simulateur ne voit pas.