L’entrepreneuriat est souvent associé à l’image de la liberté et de l’indépendance. Pourtant, une étude récente menée par l’organisme de données statistiques FLASHS pour Digitiz.fr auprès de 1200 entrepreneurs français révèle une réalité bien différente, où le sacrifice personnel et les difficultés à concilier vie professionnelle et vie privée sont monnaie courante.

Cette étude met en lumière la face cachée de l’entrepreneuriat, loin des clichés de réussite et de liberté absolue. Si cette voie offre des opportunités indéniables, elle exige aussi des sacrifices importants et une remise en question permanente. Les entrepreneurs, tiraillés entre leurs aspirations et les réalités du quotidien, doivent trouver un équilibre fragile entre ambition professionnelle et bien-être personnel.

Des vacances sous tension

À l’approche des congés estivaux, il était intéressant de questionner les entrepreneurs sur leurs habitudes, qu’il s’agisse des périodes les plus propices pour s’octroyer du repos ou de la manière dont ils concilient farniente et travail.

Les vacances d’été restent les plus plébiscitées (68%), suivies des vacances de Noël (58%) et des ponts du mois de mai (37%). Les entrepreneurs ayant plus de 10 ans d’expérience sont ceux s’accordant le plus de vacances pendant l’été (41%). Ces chiffres mettent en évidence la difficulté pour un certain nombre d’entrepreneurs de s’accorder des plages de détente, quelle que soit la période de l’année.

Par ailleurs, même en vacances, l’ordinateur portable est souvent du voyage, « juste au cas où ». Un réflexe, symbole d’une hyper-connexion permanente, exacerbée par la responsabilité et la pression. Ainsi, 85% des entrepreneurs avouent emporter leur ordinateur. Les personnes inscrites sur LinkedIn sont d’ailleurs plus nombreuses à l’emporter (61% contre 47% des non-inscrits sur ce réseau).

La tyrannie des notifications

Par ailleurs, 80% des entrepreneurs maintiennent les notifications de leurs e-mails professionnels activées. Un choix qui peut s’expliquer par la peur de manquer une opportunité ou de ne pas être disponible pour leurs clients, mais qui peut également être source de stress et d’interruptions intempestives.

Cette hyper-connexion a des conséquences néfastes sur la qualité de leurs vacances : 70% des entrepreneurs admettent être perturbés par ces notifications intempestives, et 55% ont déjà vu leurs vacances perturbées par des situations professionnelles difficiles.

Les dirigeants d’entreprise (65%) et les entrepreneurs expérimentés (66%) sont les plus concernés par ce phénomène, soulignant l’impact croissant de la pression et des responsabilités avec l’évolution de leur carrière.

Ces perturbations professionnelles ont des conséquences directes sur les vacances : 11% des entrepreneurs ont déjà dû annuler leurs congés, 22% les ont reportés, et 55% ont dû travailler pendant leurs vacances pour gérer la situation.

Cette incapacité à se déconnecter, alimentée par la culture de la performance et la peur de l’échec, interroge sur la capacité des entrepreneurs à préserver leur équilibre personnel et à se ressourcer véritablement.

Solitude et sacrifices : le prix de l’ambition

Par ailleurs, l’étude lève le voile sur la solitude et les sacrifices personnels auxquels sont confrontés les entrepreneurs. En effet, 86% d’entre eux admettent renoncer à des moments personnels en faveur de leur travail.

Cette dévotion au travail se traduit également par un sentiment de solitude, ressenti par 73% des entrepreneurs interrogés.

Concilier vie professionnelle et vie de couple

La vie de couple peut également être mise à rude épreuve. Seuls 40% des entrepreneurs en couple accordent une priorité à leur relation. Un chiffre qui interroge sur la conciliation entre vie professionnelle et vie privée, d’autant plus que 12 % reconnaissent que leur couple passe souvent au second plan. Cette situation est particulièrement marquée chez les couples mariés où l’activité entrepreneuriale est récente (27%).

Malgré ces difficultés, la majorité des entrepreneurs (96%) estiment que leur activité est compatible avec une vie de famille, même si 55% d’entre eux reconnaissent que cela demande des sacrifices. Les personnes divorcées sont les plus critiques, 62% d’entre elles affirmant que l’entrepreneuriat exige de nombreux sacrifices.

Un regard ambivalent de l’entourage

L’entrepreneuriat suscite également des sentiments quelque peu ambivalents auprès des proches. Si la famille éprouve majoritairement de la fierté et de l’encouragement (40%), elle n’est pas exempte d’inquiétudes face aux risques et au stress inhérents à cette activité (18%).

Du côté des amis, la fierté est également présente (35%), mais elle est accompagnée d’une pointe d’envie (23%) devant les avantages perçus de l’entrepreneuriat. Cette proportion est nettement supérieure à celle observée chez les proches familiaux (12%).

Ces résultats mettent en lumière une solitude paradoxale de l’entrepreneur : s’il bénéficie du soutien de son entourage, il doit aussi composer avec l’inquiétude de ses proches et l’envie parfois dissimulée de ses amis. Cette situation peut générer un sentiment d’isolement et de pression supplémentaire, d’autant plus que 31% des entrepreneurs déclarent que leurs proches éprouvent un mélange de soutien et de préoccupation.

L’herbe est-elle plus verte chez les salariés ?

Plus surprenant encore, l’étude révèle que 52% des entrepreneurs envient la stabilité financière de leurs homologues salariés, un sentiment particulièrement prégnant chez ceux dont les revenus sont les plus modestes (78%).

La tranquillité d’esprit après une journée de travail est également un facteur d’envie pour 56% des entrepreneurs, tout comme les congés payés, la sécurité de l’emploi et les avantages sociaux, qui sont également plébiscités par près de la moitié des sondés.

Cette envie se traduit parfois par une remise en question radicale : 46% des entrepreneurs ont déjà été tentés d’abandonner leur activité pour redevenir salariés.

Cette étude révèle une réalité complexe : si l’entrepreneuriat est souvent synonyme de liberté et d’opportunités, il peut aussi être source de stress, d’instabilité et de sacrifices. Les entrepreneurs, loin d’être insensibles aux avantages du salariat, doivent fréquemment jongler entre leurs aspirations et les réalités du quotidien.

Enquête réalisée par FLASHS pour Digitiz.fr du 25 mai au 03 juin 2024 par questionnaire autoadministré auprès d’un panel Selvitys de 1 204 dirigeants d’entreprises et freelances âgés de 18 ans et plus, représentatif de ces catégories socio-professionnelles.

Loïc Frissard

Passionné par le web et l’entrepreneuriat, j’ai fondé Digitiz en 2016. Mon objectif est de vous transmettre mon expérience et de pouvoir vous faire gagner du temps dans le choix de vos outils.

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