Le dérushage, les animations, les captures d’écran, la miniature et même la mise en ligne de ma dernière vidéo : je n’ai rien fait de tout ça. C’est Claude Code qui s’en est chargé.
Tout le monde pense que Claude Code sert uniquement à développer. Moi je m’en sers aussi comme monteur vidéo, et le résultat est meilleur que ce que j’obtenais en déléguant à un monteur humain. Mon temps actif est passé à environ une heure par vidéo, contre une grosse journée de travail avant.
Je vous montre tout le process, du script à la publication, avec les captures de chaque étape.
Le setup : Claude Code, les MCP et les skills
C’est là que tout se joue, et c’est la partie que la plupart des gens sautent. Au centre, il y a Claude Code qui tourne dans VS Code sur mon Mac. Il a accès à mes fichiers et il peut lancer des programmes. Tout seul, ça ne sert pas à grand-chose. Ce qui le rend utile, ce sont les outils que je lui ai branchés autour.
Un MCP, c’est une prise universelle qui permet à une IA de piloter un outil. Le plus important dans mon cas est celui de Tella, mon logiciel d’enregistrement et de montage. Grâce à lui, Claude peut lire ma timeline, lire les transcriptions, poser des coupes et changer des layouts, exactement comme si je cliquais moi-même.

À côté, j’ai branché Notion où je gère mon planning de vidéos, Magnific pour les images et vidéos de stock, HyperFrames pour tout l’habillage graphique, et même mon prompteur, dans lequel Claude envoie directement mes scripts.
La dernière pièce, et c’est la plus importante, ce sont les skills. Ce sont des fichiers de règles dans lesquels Claude a appris ma façon de faire : comment je monte, ma charte graphique, mon style d’écriture. Il les relit avant chaque étape et les enrichit à chaque retour que je lui fais.

C’est le point que je veux souligner dès maintenant : ce n’est pas l’outil qui fait le travail, c’est ce que vous lui avez appris. Claude Code sans mes règles de montage fait n’importe quoi.
Étape 1 : le script
Le process commence bien avant le montage. J’ai fait analyser à Claude une cinquantaine de vidéos de YouTubeurs dont j’aime le style. Il en a sorti un rapport complet : la structure, les hooks, les transitions, le rythme, les formules qui reviennent.

À partir de ce rapport, on a construit des templates pour ma chaîne. Aujourd’hui, quand je veux faire une nouvelle vidéo, je lui donne juste le sujet et les idées que je veux passer. Il ressort les templates, il pioche dans ce qu’il sait de ma chaîne, et il rédige un script avec mes expressions.
Je repasse évidemment derrière, je corrige, je fais des allers-retours. Mais la base est là en quelques minutes au lieu d’une page blanche.
Étape 2 : le tournage
Une fois le script validé, Claude Code l’envoie directement sur mon logiciel de prompteur, découpé par chapitre. Je n’ai plus qu’à appuyer sur enregistrer.

Côté matériel, je tourne avec Tella, ma caméra branchée en USB et un micro Rode. Vous pouvez tout à fait utiliser un micro premier prix tant que le son reste correct, c’est le script qui compte, pas la marque du micro.
Le point contre-intuitif est ici : quand je me plante, je reprends la phrase et je continue. Toutes mes erreurs restent dans le rush, et c’est fait exprès. C’est le boulot de l’étape suivante de les enlever.
Étape 3 : le dérushage automatique
C’est le cœur du process, et la partie qui m’a demandé le plus de mise au point. Je lance tout avec une seule phrase.

Claude commence par sauvegarder l’état du montage pour pouvoir tout restaurer si ça tourne mal. Puis il récupère la transcription, et c’est là que se cache le premier piège, que j’ai appris à mes dépens.
La transcription de Tella est inutilisable pour ça. Elle est conçue pour être lue dans le logiciel, pas pour servir de base à un découpage automatique. La solution que Claude applique maintenant : il télécharge l’audio brut et le retranscrit lui-même en local sur mon Mac avec Whisper. Ensuite il compare les deux transcriptions pour vérifier que les temps correspondent bien, et seulement là il commence à découper.
Pour vous donner un ordre d’idée, sur ma vidéo où je parle de mes revenus YouTube, le rush brut faisait une vingtaine de minutes pour une vidéo finale de quatorze. Tout le reste, c’est du déchet qu’il faut trouver et couper, et c’est exactement le genre de tâche répétitive où une machine est meilleure que moi.
Étape 4 : l’habillage et les captures
Les titres, les chiffres animés, les captures qui s’affichent pendant que je parle : tout ce que vous voyez apparaître à l’écran dans mes dernières vidéos, c’est Claude Code qui le fabrique.
Le principe est simple et assez malin. Chaque élément graphique est une petite page web, du HTML et du CSS que Claude Code écrit et anime, qui est ensuite rendue par-dessus ma vidéo avec HyperFrames.
L’avantage, c’est la précision. Comme il a accès à la transcription mot par mot, chaque animation est calée sur le mot exact. Quand je dis un chiffre, le compteur atterrit pile à ce moment-là. Un monteur humain fait ça à l’oreille, Claude Code le fait à la milliseconde.
Pour les captures d’écran, il passe par l’API de ScreenshotOne : pleine page, haute résolution, sans les bandeaux de cookies. Et quand il faut être connecté à un compte ou afficher une page en français, il ouvre carrément un navigateur invisible sur mon Mac et prend la capture lui-même.

Sur ma vidéo consacrée à Mammouth AI, je suis allé encore plus loin : je lui ai donné accès à mon compte. C’est lui qui s’est connecté, qui a navigué dans l’outil, qui a tapé les prompts et qui a enregistré l’écran en vidéo. Je n’ai eu qu’à valider les extraits.

Et surtout, Claude Code se relit. Avant de me livrer, il extrait des images du rendu et les vérifie une par une : un texte coupé, une carte qui masque mon visage, une information sensible affichée à l’écran. Il le voit et il le corrige. Chaque retour que je lui fais devient ensuite une règle, si bien qu’il connaît aujourd’hui toute la charte graphique de la chaîne.
Étape 5 : la miniature et la publication
Pour la miniature, j’utilise la génération d’images d’OpenAI, GPT Image 2, avec mes propres photos en référence. Je décris le concept, il sort plusieurs variantes, et on itère.

Je suis honnête : c’est l’étape où je reprends encore le plus la main. Il faut pas mal d’allers-retours avant d’obtenir quelque chose que je trouve cliquable.
Pour finir, Claude Code exporte la vidéo et l’envoie directement sur YouTube via l’API YouTube Data. Il la publie en brouillon privé, avec le titre, la description, les chapitres calés sur le montage final et les liens.

Je relis ensuite tout ça dans mon YouTube Studio, mais c’est moi qui appuie sur publier. Ce n’est pas un détail, j’y reviens plus bas.
Combien ça coûte vraiment
La question tombe toujours, alors voici les chiffres réels.
Claude Code passe par mon abonnement Claude. Je paye personnellement celui à 200 € par mois, mais celui à 100 € suffirait largement pour ce que je fais. Côté modèle, j’utilise principalement Fable, c’est celui qui fait le moins d’erreurs sur ce type de tâche.
Tella, je l’utilisais déjà avant pour mes tutoriels. J’annonçais 13 € dans la vidéo, en réalité c’est 13 $ par utilisateur et par mois en facturation annuelle, avec 50 % de remise par rapport au mensuel.

Les miniatures reviennent à quelques dizaines de centimes d’euros par image en passant directement par l’API de GPT Image 2.
Autrement dit, en dehors des abonnements que j’avais déjà, le coût supplémentaire par vidéo est proche de zéro. À comparer avec le tarif d’un monteur freelance, sachant que j’avais déjà testé cette voie et que la qualité d’habillage est aujourd’hui au-dessus de ce que j’obtenais.
Les limites, parce qu’il y en a
Ce n’est pas un bouton magique, et je préfère le dire clairement.
Les premières vidéos m’ont pris plus de temps qu’un montage normal. Il faut compter tout le setup, les MCP à brancher, les règles à écrire, et surtout les allers-retours pour que Claude comprenne ce que je veux. L’investissement commence à payer à partir de la deuxième ou troisième vidéo, pas avant.
Ensuite, il faut tout revérifier à chaque fois. Il reste toujours quelques ajustements, même si ça se fait rapidement une fois le process rodé.
Et il y a une limite qui n’est pas technique : ce process n’existe nulle part. Il n’y a pas de tutoriel tout fait, pas de formation, pas d’outil clé en main. Je l’ai construit au fil des conversations avec mon agent, en fonction de ma façon de faire des vidéos. Le vôtre sera forcément différent.
Les trois leçons que j’en retire
Si vous ne deviez retenir que trois choses de tout ce process, ce serait celles-là.
La valeur n’est pas dans l’outil, elle est dans ce que vous lui apprenez
Je le répète parce que c’est le point le plus important. Claude Code sans mes règles de montage fait n’importe quoi. Avec plusieurs dizaines de retours accumulés dans des fichiers de règles, il monte exactement comme je le veux. Le vrai actif, ce sont ces fichiers, pas l’abonnement.
Gardez un œil humain sur la décision finale
C’est moi qui valide le script, parfois je le reprends entièrement à la main. C’est moi qui valide le montage. C’est moi qui appuie sur publier. L’IA est là pour exécuter, pas pour décider à votre place. Le jour où vous laissez la machine décider du fond, vous produisez du contenu que personne ne veut regarder.
La bonne question n’est pas « quel outil va me remplacer »
C’est « comment j’utilise Claude Code pour m’assister dans ma production ». La nuance change tout : dans le premier cas vous subissez, dans le second vous construisez un process qui vous appartient et que personne ne peut vous copier.
Par où commencer
Si vous créez du contenu et que tout ça vous parle, ne cherchez pas à reproduire l’ensemble du process d’un coup. Vous allez y passer une semaine et abandonner.
Commencez par automatiser le dérushage, uniquement. C’est l’étape la plus pénible, la plus mécanique, et celle où le gain est immédiat : quelques heures récupérées sur chaque vidéo. Une fois que ça tourne, ajoutez une brique à la fois, en partant de ce qui vous ennuie le plus.
Et prenez l’habitude d’écrire une règle à chaque correction que vous faites. C’est fastidieux les trois premières fois, puis c’est ce qui fait toute la différence.
Si vous voulez monter en compétence plus vite sur l’outil lui-même, j’ai comparé les formations Claude Code disponibles. Et si vous cherchez plutôt une solution clé en main sans passer par un agent, j’ai listé les outils IA de montage vidéo qui font une partie du travail automatiquement.